Paul Seixas s’accuse après son Mondial raté… mais Voeckler refuse de le laisser porter le fiasco tout seul !

Paul Seixas a été extrêmement dur avec lui-même après sa 15e place aux Championnats du monde. Victime de crampes alors qu’il possédait encore les jambes pour jouer beaucoup mieux, le Français a parlé d’une « erreur de gamin » et estimé mériter son résultat. Mais Thomas Voeckler vient de déplacer une partie de la responsabilité : le sélectionneur reconnaît que son leader s’est retrouvé trop isolé et assume personnellement les choix tactiques des Bleus.

La déception de Seixas était proportionnelle à son ambition.

À seulement 20 ans, le Français n’était pas venu à Montréal chercher une place d’honneur. Après son excellent Tour de France et sa médaille de bronze mondiale dans le contre-la-montre, il voulait le maillot arc-en-ciel.

Ses jambes semblaient d’ailleurs lui permettre d’espérer beaucoup.

Puis les crampes ont tout détruit.

Seixas s’est immédiatement désigné responsable

À l’arrivée, le Français n’a cherché aucune excuse.

Il a considéré avoir commis une faute de gestion et s’est montré extrêmement sévère envers lui-même. Le phénomène est d’autant plus marquant qu’il expliquait n’avoir jamais réellement connu ce type de crampes auparavant.

Mais l’analyse de la course ne peut pas s’arrêter à son alimentation ou à son hydratation.

Lorsque la course est entrée dans sa phase décisive, Seixas s’est également retrouvé sans suffisamment d’équipiers autour de lui.

Voeckler reconnaît un problème

Thomas Voeckler ne s’est pas caché.

Le sélectionneur français estime lui aussi que Seixas a été isolé trop tôt. Mais plutôt que de mettre en cause ses coureurs, il assume les décisions tactiques prises depuis la voiture.

La France avait choisi de durcir la course pour éliminer plusieurs puncheurs et favoriser le profil de son leader.

Voeckler maintient que cette stratégie était cohérente.

Le problème est qu’elle a également consommé une grande partie des forces françaises.

Le fiasco peut servir à Seixas

À 20 ans, Seixas vient donc de découvrir une autre dimension de son nouveau statut.

Lorsqu’un leader français annonce vouloir devenir champion du monde, chaque décision de son équipe est ensuite disséquée. Il ne court plus seulement pour apprendre.

Sa quatrième place sur le Tour a accéléré brutalement les attentes autour de lui.

Montréal constitue son premier véritable échec depuis ce changement de dimension.

Et il est peut-être instructif que Voeckler intervienne immédiatement pour l’empêcher d’en assumer seul la responsabilité.

Seixas s’est trompé.

Les Bleus aussi.

La prochaine étape sera justement de comprendre comment éviter que ces deux erreurs se reproduisent le même jour.

Mathieu Radurot
Journaliste sportif depuis quatre ans, Mathieu Radurot est spécialisé dans l’actualité du football et du rugby. Passionné de sport sous toutes ses formes, il suit également de près le cyclisme et la natation.