Lionel Messi va faire ses adieux à l’Argentine mardi soir contre le Bénin. Mais l’histoire aurait pu ne jamais commencer. Au début des années 2000, la Fédération argentine connaissait si mal l’adolescent parti vivre à Barcelone qu’elle s’est trompée sur son prénom, puis sur l’orthographe de son nom. Pendant ce temps, l’Espagne essayait de le convaincre de jouer pour elle. Vingt-deux ans plus tard, « Mecci » va quitter l’Albiceleste avec 125 buts et une Coupe du monde.
Lionel Messi va entrer une dernière fois sur une pelouse avec le maillot de l’Argentine. Mardi, le Monumental de Buenos Aires accueillera le Bénin pour les adieux internationaux du joueur de 39 ans. Le match clôturera plus de deux décennies d’une histoire qui aurait pourtant pu s’arrêter avant même d’avoir commencé.
Au début des années 2000, Messi vit déjà en Espagne et se forme à la Masia. Son talent est suffisamment évident pour que les Espagnols envisagent de le récupérer. En Argentine, en revanche, le phénomène de Rosario est encore largement inconnu.
« Vous avez votre meilleur joueur à Barcelone »
L’histoire racontée par Reuters est assez incroyable. Lors du Mondial U17 2003, l’Espagne élimine l’Argentine en demi-finale. Cesc Fabregas, qui côtoie Messi au Barça, aurait alors prévenu les Argentins : leur meilleur joueur se trouve justement avec lui à Barcelone.
La Fédération se met finalement à chercher cet adolescent dont tout le monde commence à parler. Un employé de l’AFA, Omar Souto, retrouve sa famille grâce à un annuaire téléphonique de Rosario. Mais lorsqu’il téléphone, il demande à parler à… Leonardo Messi. On lui répond que le garçon s’appelle Lionel.
Ce n’est pas terminé. Dans un fax envoyé ensuite au FC Barcelone, l’AFA écrit « Mecci », avec deux C, en pensant apparemment que son nom pouvait être italien. Pendant ce temps, l’Espagne cherchait à convaincre le jeune joueur de porter son maillot.
De l’étranger suspect au héros national
Même lorsqu’il choisit définitivement l’Argentine, Messi doit encore convaincre. Parce qu’il a grandi footballistiquement en Espagne, certains lui reprochent de ne pas être suffisamment argentin. En 2005, il commence même le premier match du Mondial U20 sur le banc.
La relation avec son pays restera compliquée pendant des années. Les finales perdues, les comparaisons avec Diego Maradona et son rendement jugé inférieur à celui du Barça alimenteront les critiques. En 2016, Messi finit même par annoncer sa retraite internationale avant que les Argentins ne le supplient de revenir.
Puis tout s’est inversé. Deux Copa América, la Coupe du monde 2022 et un rôle de capitaine beaucoup plus affirmé ont transformé son rapport au pays. Mardi, l’Argentine fera donc ses adieux à son plus grand joueur moderne. Celui qu’elle avait commencé par chercher dans un annuaire… sans même connaître correctement son prénom.
