L’absence de Tadej Pogacar a forcément rebattu les cartes avant les Championnats du monde de Montréal. Paul Seixas vient en plus d’envoyer un message très sérieux à ses adversaires en prenant la deuxième place du Grand Prix de Montréal derrière Isaac Del Toro. De quoi commencer à rêver d’un Français en arc-en-ciel ? Thomas Voeckler préfère largement calmer le jeu.
C’est évidemment l’une des données majeures de ces Championnats du monde.
Tadej Pogacar ne sera pas présent à Montréal après sa chute sur le Tour d’Espagne. Sans le champion du monde en titre, la course s’annonce nécessairement beaucoup plus ouverte.
Une situation dont pourrait profiter Paul Seixas.
À seulement 19 ans, le Français réalise une saison exceptionnelle et arrivera aux Mondiaux avec le statut de leader de l’équipe de France. Et sa dernière sortie n’a fait que renforcer les attentes.
Seixas frappe fort à Montréal
Dimanche, Seixas a pris la deuxième place du Grand Prix de Montréal.
Et pas n’importe comment.
Dans le final, le Français a pris ses responsabilités et s’est retrouvé à la lutte pour la victoire avec Isaac Del Toro. Le Mexicain est finalement revenu sur lui avant de le dominer au sprint. Remco Evenepoel a terminé cinquième, à 35 secondes du duo de tête.
Le résultat est d’autant plus intéressant que le GP de Montréal constituait une répétition particulièrement sérieuse avant les Mondiaux, organisés sur un parcours très proche.
Seixas sait donc désormais qu’il a les jambes pour jouer devant.
Voeckler calme le jeu
Thomas Voeckler ne compte pourtant pas transformer son leader en nouveau favori absolu.
Le sélectionneur français se satisfait évidemment de la forme affichée par Seixas. Il rappelle toutefois que le Français n’a que 19 ans et refuse notamment de le placer au même niveau que Remco Evenepoel.
La comparaison serait effectivement particulièrement rapide.
Evenepoel possède déjà deux titres olympiques, un titre mondial sur route, plusieurs Monuments et une deuxième place sur le Tour de France 2026. Seixas est seulement en train de découvrir ce niveau de responsabilité.
Voeckler calme le jeu
L’absence de Pogacar ne signifie surtout pas que la voie est libre.
La Belgique se présentera avec Remco Evenepoel et Wout van Aert. Pour Thomas Voeckler, il s’agit de l’équipe la mieux armée pour décrocher le maillot arc-en-ciel.
Mais le sélectionneur français met également ses coureurs en garde contre un piège : courir uniquement en fonction des Belges.
Isaac Del Toro vient justement d’en apporter la démonstration en battant Seixas à Montréal. Tom Pidcock fait également partie des hommes capables de jouer un rôle majeur. Le Britannique considère d’ailleurs lui-même Del Toro et Seixas comme deux concurrents importants.
Seixas peut-il vraiment devenir champion du monde ?
C’est finalement toute l’ambiguïté autour du Français.
Thomas Voeckler refuse de lui faire porter le poids d’une comparaison prématurée avec Evenepoel. Mais parallèlement, Seixas sera bien le leader de l’équipe de France et sa performance à Montréal a confirmé qu’il pouvait se retrouver devant avec les meilleurs.
Son statut a changé.
Il n’est plus simplement le phénomène de 19 ans dont on observe la progression. À Montréal, ses adversaires ont également vu qu’ils ne pourraient probablement pas lui laisser beaucoup de liberté.
Sans Pogacar, une énorme porte s’est ouverte.
Reste maintenant à savoir qui, de Seixas, Evenepoel, Del Toro, Van Aert, Pidcock ou d’un autre prétendant, sera capable de s’y engouffrer.
