L’affaire avait éclaté avant le premier rassemblement de Zinédine Zidane, mais de nouvelles révélations lui donnent désormais une tout autre dimension. Mohamed Sanhadji, figure historique de la sécurité de l’équipe de France, a été mis en examen dans une enquête portant notamment sur un chèque de 60 300 € versé par Kylian Mbappé. L’Équipe révèle désormais les dessous d’une relation particulièrement étroite avec certains joueurs des Bleus.
Pendant plus de vingt ans, Mohamed Sanhadji a fait partie du décor de l’équipe de France. Policier chargé de la sécurité des Bleus à partir de 2004, il était devenu beaucoup plus qu’un simple membre de l’encadrement pour plusieurs internationaux.
Son nom avait déjà émergé mi-septembre après sa mise en examen dans une enquête pour plusieurs infractions présumées, dont corruption, trafic d’influence, escroquerie et blanchiment de fraude fiscale. Il reste présumé innocent.
Un élément avait particulièrement attiré l’attention : un versement de 60 300 € effectué par Kylian Mbappé après la Coupe du monde 2022.
Le chèque de Mbappé signalé à Tracfin
Cette somme provenait de la prime perçue par le capitaine des Bleus après le Mondial au Qatar.
Le versement a ensuite été signalé à Tracfin par un établissement bancaire en juillet 2024. Une information judiciaire a finalement été ouverte en janvier 2026 avant la mise en examen de Mohamed Sanhadji le 16 septembre.
Kylian Mbappé n’est pas mis en examen dans cette affaire. C’est la nature de la relation entretenue par Sanhadji avec certains internationaux qui intéresse notamment les enquêteurs.
« Si ça sort, ça sera ma fin… »
Les nouvelles révélations publiées mercredi soir décrivent un homme devenu extrêmement proche de plusieurs joueurs au fil des années.
Mohamed Sanhadji aurait régulièrement rendu différents services en marge de ses fonctions officielles. L’enquête cherche désormais à déterminer si certaines pratiques ont dépassé le cadre autorisé par son statut de policier.
Son contrôle judiciaire lui interdit aujourd’hui d’entrer en contact avec les joueurs actuels et anciens des sélections nationales, mais également avec les staffs et dirigeants de la Fédération.
Zidane devait continuer avec lui
L’histoire prend une dimension supplémentaire avec l’arrivée de Zinédine Zidane.
Après son départ de la Police nationale, Sanhadji avait été recruté par la FFF et devait continuer à travailler autour des Bleus. Son contrôle judiciaire l’a finalement empêché de participer au premier rassemblement du nouveau sélectionneur.
Pour Zidane, qui cherche justement à installer de nouvelles règles autour de l’équipe de France, l’affaire est particulièrement sensible.
Et pour Mbappé, dont le nom apparaît forcément au premier plan en raison de ce versement de 60 300 €, elle risque désormais d’être suivie de très près.
