Pour son deuxième match à la tête de l’équipe de France, Zinédine Zidane a pris un risque considérable : neuf changements, trois premières sélections comme titulaires et plusieurs cadres laissés sur le banc. La victoire décrochée en Belgique (1-0) lui donne beaucoup plus qu’un deuxième succès. Son équipe a été meilleure qu’en Turquie et les nouveaux ont répondu présent. À quatre jours de France-Italie, Zidane vient surtout de découvrir que sa hiérarchie était peut-être beaucoup moins figée qu’il ne l’imaginait.
Zidane avait annoncé vouloir profiter de ces quatre rencontres de Ligue des nations pour voir un maximum de joueurs. Il ne bluffait pas.
À Bruxelles, seuls Mike Maignan et Maxence Lacroix ont conservé leur place par rapport à la victoire obtenue trois jours auparavant en Turquie. Jérémy Jacquet, Andy Diouf et Lucas Da Cunha ont même connu leur première sélection directement comme titulaires, tandis qu’Estéban Lepaul débutait pour la première fois.
Le résultat aurait pu donner l’impression d’un match expérimental. C’est exactement l’inverse qui s’est produit.
Les remplaçants ont fait mieux que résister
La France a longtemps dominé la Belgique et s’est procuré les meilleures occasions.
Désiré Doué a trouvé la barre, Lucas Da Cunha le poteau et plusieurs nouveaux ont affiché une personnalité étonnante pour une équipe qui n’avait quasiment jamais joué ensemble. Le succès n’a finalement été arraché qu’à la 88e minute grâce à Michael Olise, mais il récompense une prestation beaucoup plus convaincante que ne le laisse penser le score.
C’est probablement l’enseignement le plus important pour Zidane : changer les hommes n’a pas obligé les Bleus à changer leur manière de jouer.
Zidane voulait une philosophie indépendante des joueurs
Après la rencontre, le sélectionneur a justement insisté sur ce point.
Son objectif est de pouvoir modifier largement son onze sans abandonner les principes qu’il cherche à installer : récupération haute, volonté de jouer vers l’avant et maîtrise du ballon. En Belgique, cette idée a résisté à neuf changements.
Pour un sélectionneur, c’est une arme considérable. Zidane n’a que quelques rassemblements pour préparer ses prochaines grandes échéances et ne peut pas construire un fonctionnement dépendant de onze joueurs.
Les cadres récupèrent maintenant de la concurrence
La conséquence est moins confortable pour certains habitués.
Jacquet et Da Cunha ont réussi leur première, Doué a été l’attaquant français le plus dangereux et Camavinga a également marqué des points au milieu. Dans le même temps, Dembélé, Olise, Cherki et plusieurs titulaires de Turquie ont commencé sur le banc.
Zidane ne va évidemment pas bouleverser sa hiérarchie après deux rencontres. Mais il possède désormais un problème que tous les sélectionneurs aimeraient avoir : ses supposés remplaçants viennent de lui montrer qu’ils pouvaient gagner en Belgique sans dénaturer son projet.
Vendredi contre l’Italie au Stade de France, certains cadres devraient revenir. Désormais, ils savent aussi que leurs places ne sont pas simplement réservées.


