F1 : Le contrat de dix ans au Rwanda déclenche une accusation embarrassante

La Formule 1 a annoncé son retour en Afrique avec un accord de dix ans au Rwanda. Amnesty International dénonce immédiatement une opération destinée à améliorer l’image des autorités du pays. L’ONG demande surtout à la discipline d’utiliser son influence avant que le nouveau Grand Prix voie le jour.

Le projet ne se limite pas à une course supplémentaire. Présenté le 13 octobre, l’accord prévoit un Grand Prix d’Afrique associé à la marque touristique Visit Rwanda. La première édition est attendue au début des années 2030, après la construction d’un circuit à Bugesera. Pour Amnesty International, cette association commerciale engage déjà la responsabilité de la Formule 1.

Amnesty vise le partenaire choisi par la F1

Dans un communiqué publié le jour de l’annonce, Felix Jakens, responsable des campagnes d’Amnesty International au Royaume-Uni, accuse les autorités rwandaises d’utiliser les grandes compétitions pour détourner l’attention de leur bilan en matière de droits humains. L’organisation emploie le terme de « sportswashing ».

Elle met notamment en cause les détentions arbitraires, la torture et la répression de la liberté d’expression. Elle dénonce également le rôle du Rwanda dans le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. Ces accusations sont celles de l’ONG et doivent être présentées comme telles.

Sa demande dépasse cependant la condamnation du partenariat. Amnesty appelle la F1 à exercer une pression sur les autorités rwandaises pour obtenir des changements. Le contrat de longue durée devient ainsi, dans son argumentation, un moyen d’influence que le championnat devrait mobiliser.

La F1 promet des emplois et des retombées durables

Dans son annonce officielle, la discipline défend un projet de développement économique et social. Stefano Domenicali met en avant le tourisme, les investissements, la formation et les entreprises locales. Le président Paul Kagame insiste lui aussi sur les emplois et les compétences que le futur circuit doit apporter.

Ces bénéfices restent des objectifs annoncés. Le circuit n’est pas encore construit et la date précise du premier Grand Prix doit être communiquée ultérieurement. Le site prévu, à proximité du nouvel aéroport international, doit également accueillir des événements en dehors des week-ends de course.

C’est pendant cette phase de préparation que se situe désormais l’enjeu soulevé par Amnesty. La F1 dispose de plusieurs années avant la première édition pour préciser les engagements de son partenariat et la manière dont ses retombées seront évaluées. L’annonce du retour en Afrique est acquise ; les bénéfices promis aux populations restent à concrétiser.

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